Reportage photo : Kirtan avec Sunil & Isabelle
- Laurent Nodenot
- 2 avr.
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Comment photographier une pratique dont l’essentiel ne se trouve ni dans une posture ni dans un geste isolé, mais dans ce qui circule entre deux voix, des instruments et ceux qui écoutent ? Au Chalet & Spa Les Cerises, à Cordon face au Mont-Blanc, j’ai suivi Sunil et Isabelle pendant un Kirtan privé. Sunil conduit les chants de mantras issus de la tradition qu’il transmet ; Isabelle l’accompagne elle aussi au chant, avec une présence particulièrement attentive au rythme et à l’écoute. Un reportage consacré moins au son lui-même qu’à la relation qui permet de le faire naître.
Au début, ils sont deux. Sunil s’installe. Isabelle prend place à ses côtés. Les instruments sont préparés. Quelques mots sont échangés. Puis une première voix apparaît. Une deuxième lui répond ou la rejoint. Isabelle et Sunil définissent très simplement la pratique qu’ils partagent :
« Le kirtan est le chant de mantras en groupe. » Isabelle & Sunil
Le rythme s’installe. Et presque immédiatement, mon sujet photographique change. Je ne cherche plus une posture comme dans le yoga. Je ne cherche plus une pression comme dans un soin manuel. Je ne cherche même pas à photographier un instrument. Je cherche ce qui se passe entre deux personnes lorsqu’elles commencent à chanter ensemble.
Sommaire
Temps de lecture : ≈ 10 min
Sunil & Isabelle en bref : deux voix, une pratique partagée
J’ai déjà photographié Isabelle seule, entre yoga et ostéopathie, du mouvement du corps à la précision de ses mains.. J’ai suivi son passage du yoga à l’ostéopathie, du mouvement du corps à la précision de ses mains. J’ai également photographié Sunil dans un univers beaucoup plus large : yoga, mantras, puja, acupression plantaire indienne et cuisine végétarienne ayurvédique. Le Kirtan demande autre chose.
Cette fois, aucun des deux ne constitue réellement le sujet principal. C’est leur relation qui le devient.
Sunil porte une tradition dans laquelle le chant occupe une place centrale. Né dans l’Himalaya, prêtre brahmane issu d’une lignée familiale de brahmanes, il transmet notamment le Bhakti Yoga et le chant des mantras. Isabelle partage cet univers avec lui. Et pendant le Kirtan, elle n’est pas simplement présente à ses côtés. Elle chante elle aussi, avec une présence vocale qui prend pleinement sa place dans le duo.
Cette précision change beaucoup de choses photographiquement. Je ne regarde donc pas un chanteur accompagné par une personne secondaire. Je regarde deux voix qui participent au même moment, avec des rôles qui peuvent être différents mais une présence commune.

Repère | Information |
Intervenants | Sunil et Isabelle |
Pratique | Kirtan privé |
Voix | Sunil conduit les chants ; Isabelle chante à ses côtés et participe pleinement au duo |
Tradition | Pratique inscrite dans l’univers du Bhakti Yoga transmis par Sunil |
Langue | Chants et mantras notamment en sanskrit |
Instruments | Harmonium et percussions selon la pratique |
Format | Cercle privé et confidentiel |
Stages de yoga | Intervention possible dans un stage conduit par un enseignant extérieur |
Complément | Enseignement spécifique des chants de mantras possible avec Sunil |
Lieu | Chalet Les Cerises, Cordon face au Mont-Blanc |

Kirtan et Bhakti Yoga : lorsque la voix devient le centre
Dans l’univers transmis par Sunil, le Kirtan s’inscrit dans la dimension dévotionnelle du Bhakti Yoga, parfois désigné comme le yoga du cœur. La posture physique cesse ici d’être centrale. La voix prend sa place. Les mantras. La répétition. Le rythme. L’écoute. Les instruments. La présence des personnes réunies autour d’eux.
Cette différence est importante dans la collection de reportages réalisés au chalet. Dans le reportage consacré à Sunil, les chants de mantras apparaissent comme l’une des formes de sa transmission.
Ici, ils changent de dimension. Ils deviennent une pratique partagée avec Isabelle et avec les personnes présentes. Photographiquement, je ne dois donc plus seulement montrer celui qui transmet. Je dois montrer ce qui relie.

Photographier ce qui circule entre deux chanteurs
Le son lui-même reste évidemment impossible à photographier. Mais je n’ai pas besoin d’en faire le sujet principal. Parce qu’un Kirtan produit beaucoup de signes visibles. Un regard entre Sunil et Isabelle. Une inspiration. Une bouche qui s’ouvre. Une main qui marque le rythme. Un visage qui se tourne. Un sourire fugace. Un instrument qui vient soutenir une voix. Un moment où l’un chante pendant que l’autre écoute. Puis les deux voix se retrouvent.
C’est dans ces passages que le reportage prend sa personnalité. Je peux photographier Sunil seul.
Isabelle seule. Mais certaines images deviennent immédiatement plus fortes lorsqu’ils apparaissent ensemble. Une photographie ne conserve pas le chant. Elle peut en revanche conserver la relation qui lui permet d’exister.

Isabelle : photographier celle qui accompagne sans la placer à l’arrière-plan
Cette question me semble particulièrement importante. Dans beaucoup d’images musicales, celui qui conduit naturellement la pratique devient le centre photographique et les autres personnes glissent vers l’arrière-plan. Ce serait ici une erreur. Isabelle accompagne Sunil avec sa propre voix. Je cherche donc régulièrement son visage. Sa respiration avant de chanter. Le moment où elle regarde Sunil. Celui où elle ferme les yeux. Une main.
Son rapport à l’instrument lorsqu’elle en utilise un. Puis je reprends suffisamment de distance pour retrouver le duo. La photographie doit rendre visible quelque chose de très simple : Isabelle ne constitue pas le décor du Kirtan de Sunil. Elle participe pleinement à l’expérience.

Deux personnes qui n’ont pas besoin de regarder l’appareil
Je tiens particulièrement à cette dimension. Les meilleurs portraits de ce reportage ne sont probablement pas ceux où Sunil ou Isabelle regardent mon objectif. Je préfère les moments où ils se regardent eux-mêmes. Ou plus exactement, où leur attention appartient à ce qu’ils sont en train de faire. Une indication. Un départ. Un rythme. Une écoute. Un sourire.
Ces petites interactions suffisent parfois à raconter davantage leur relation qu’un portrait parfaitement composé des deux côte à côte. Le Kirtan devient alors presque un exercice photographique sur l’attention. Je photographie moins deux visages que deux présences orientées vers la même chose.
Harmonium et percussions : montrer l’instrument en action
Les instruments apportent naturellement beaucoup de matière au reportage. L’harmonium. Les percussions. Le bois. Les tissus. Les mains. Les couleurs. Les détails sont particulièrement photogéniques.
Mais, comme toujours dans cette série, je préfère un instrument utilisé à un instrument simplement posé. Une main entre dans le cadre. Un doigt accompagne une note. Une paume frappe. Le visage du musicien réapparaît derrière l’instrument. Le geste explique alors immédiatement pourquoi l’objet se trouve là. Je ne photographie pas un harmonium parce qu’il évoque visuellement l’Inde. Je le photographie parce que Sunil ou Isabelle sont en train de l’utiliser. L’instrument ne crée pas l’authenticité de la scène. La personne qui en joue, oui.

Photographier le rythme sans photographier la vibration
Avec les percussions, la photographie retrouve davantage de mouvement. Une main se lève. Elle descend. La suivante prend déjà sa place. Le tissu bouge. Le visage reste parfois presque immobile alors que les mains donnent tout son rythme à l’image. Je peux jouer avec une légère différence de netteté. Ou au contraire arrêter parfaitement le geste.
Mais je ne cherche toujours pas à représenter une « vibration » de manière artificielle. Ce mot appartient facilement au vocabulaire de ces expériences. L’image, elle, peut rester beaucoup plus concrète. Elle montre : le musicien ; l’instrument ; le geste ; la personne qui écoute ; l’espace dans lequel cela se passe. Et cela suffit largement.
Le rôle des percussions est très différent dans le reportage consacré à Laëtitia, où le tambour reste inscrit dans une séquence rituelle. Ici, l’instrument soutient d’abord une pratique vocale partagée.

Le cercle privé : lorsque le reportage quitte le duo
Un Kirtan privé ne se résume évidemment pas à Sunil et Isabelle. Il y a aussi ceux qui sont présents. Le format intime proposé au Chalet Les Cerises permet précisément de conserver un cercle restreint. Cela change la photographie. Je peux rester suffisamment loin pour montrer le groupe. Puis revenir sur un visage. Une personne écoute. Une autre chante. Un regard se ferme. Un rythme est repris. Je ne prétends pas savoir ce que chacun ressent.
Un visage calme ne prouve ni « régénération », ni recentrage, ni transformation intérieure. Sunil et Isabelle peuvent concevoir leur Kirtan comme un moment de reliance, d’écoute et de présence.
Mon travail photographique reste cependant du côté de ce qui est visible : des personnes réunies, des voix, des instruments et un temps partagé. Cette retenue me semble beaucoup plus forte que d’essayer de fabriquer photographiquement une extase collective.

Une expérience sonore dans une maison privée
Le Kirtan peut être organisé directement au Chalet Les Cerises. L’espace yoga privé face au Mont-Blanc peut accueillir ce type de moment, mais d’autres configurations de la maison peuvent également être imaginées selon le nombre de participants et le format retenu. L’intimité du lieu compte beaucoup. Pas de scène. Pas de séparation entre artistes et public. Pas besoin non plus d’une grande salle. Quelques personnes suffisent. La montagne peut apparaître dans certaines images.
Puis disparaître complètement lorsque je resserre le cadre autour d’une voix ou d’un instrument.
C’est peut-être justement ce que j’aime dans cette configuration. Le Mont-Blanc donne le contexte. Le cercle donne l’expérience.

Kirtan et enseignement des mantras : deux formats à distinguer
Sunil enseigne également les chants de mantras indiens. Il me semble important de distinguer cet enseignement du Kirtan lui-même. Un temps consacré aux mantras peut être construit autour de la transmission : écouter ; répéter ; travailler la prononciation ; comprendre la place du chant dans la pratique proposée par Sunil.
Le Kirtan possède une autre dynamique. La voix est davantage mise en relation avec celles des autres, avec Isabelle et avec les instruments. Les deux formats peuvent naturellement appartenir au même séjour. Mais ils ne racontent pas exactement la même chose. Cette distinction permet aussi à un professeur de yoga extérieur de choisir précisément ce qu’il souhaite intégrer à son programme.
Intégrer un Kirtan à un stage de yoga
C’est probablement l’une des configurations les plus intéressantes. Un professeur extérieur peut privatiser le Chalet Les Cerises pour organiser son propre stage de yoga. Il conserve : sa pédagogie ; son programme ; ses cours ; son rythme ; la relation avec son groupe.
Sunil et Isabelle peuvent intervenir ponctuellement, à sa demande, pour proposer un Kirtan. Sunil peut également assurer séparément un temps d’enseignement autour des chants de mantras. Leur présence devient ainsi un complément au stage, et non une substitution au professeur qui l’organise. Un Kirtan peut par exemple prendre place après une journée de pratique ou à un autre moment choisi avec l’enseignant. L’intérêt est précisément de pouvoir construire le séjour par touches.

Du Kirtan à la table
Isabelle et Sunil peuvent aussi accompagner autrement certains stages organisés au chalet.
Ils peuvent, selon le projet retenu, assurer la demi-pension du groupe. La cuisine proposée s’inscrit notamment dans l’univers végétarien transmis par Sunil, avec sa cuisine indienne inspirée de l’Ayurveda et les épices qu’il apporte pour partie de son propre jardin dans l’Himalaya. Je n’en ferais pas davantage ici.
La cuisine possède déjà sa place dans le reportage consacré à Sunil. Mais dans le cadre d’une retraite, la combinaison devient intéressante : pratique menée par le professeur ; Kirtan avec Isabelle et Sunil ;
éventuellement enseignement des mantras ; repas préparés sur place. Le tout sans retirer au professeur extérieur la direction de son séjour. Cette modularité est au cœur de notre approche des retraites et stages bien-être au Chalet Les Cerises.
Enseignant de yoga, vous pouvez conserver entièrement la direction de votre stage et inviter Isabelle et Sunil pour un Kirtan privé, un temps consacré aux mantras ou, selon le format choisi, la demi-pension de votre groupe.
Pourquoi consacrer un reportage entier au Kirtan ?
J’aurais pu intégrer ces photographies à l’article consacré à Sunil. Ou à celui d’Isabelle. Ce serait pourtant passer à côté de ce qu’elles racontent. Dans le reportage d’Isabelle, je photographie du mouvement au toucher. Dans celui de Sunil, je photographie la transmission sous plusieurs formes. Ici, quelque chose de différent apparaît. Ils sont ensemble. Le regard circule de l’un à l’autre. Les voix aussi. Les instruments occupent l’espace entre eux. Et les personnes présentes deviennent progressivement une partie du sujet. Le Kirtan mérite donc son propre reportage parce qu’il possède son propre protagoniste : la relation.
Une pratique réellement photographiée au Chalet Les Cerises
Comme pour les autres reportages de cette collection, les photographies présentées ici documentent une expérience réellement organisée au chalet. Sunil et Isabelle étaient présents. Ils ont réellement chanté. Les instruments photographiés sont ceux utilisés pendant la séance. Les interactions entre eux appartiennent au déroulement du Kirtan. Je ne leur demande pas de regarder l’objectif au moment où une image serait plus séduisante. Je préfère attendre. Une voix commence. Une autre entre. Un regard apparaît. Une main rejoint l’instrument. Puis quelque chose se passe entre eux qui n’existait pas quelques secondes auparavant. Le reportage devient intéressant précisément lorsque je cesse d’en être le metteur en scène.
Découvrir le reportage photo Kirtan avec Sunil & Isabelle
La série photographique réalisée au Chalet Les Cerises rassemble notamment :
portraits de Sunil et Isabelle ;
chants de mantras ;
duo vocal ;
harmonium ;
percussions ;
détails des mains ;
regards entre les deux intervenants ;
temps d’écoute ;
gestes musicaux ;
vues plus larges du cercle ;
détails d’instruments et de matières ;
moments de silence entre deux chants.
Pour découvrir leurs univers individuels :
le reportage consacré à Isabelle, entre yoga et ostéopathie ;
le reportage consacré à Sunil, entre yoga, mantras, puja et Ayurveda.
La galerie photo du Chalet Les Cerises rassemble également les autres reportages consacrés aux praticiens et expériences de la maison.
FAQ : Kirtan avec Sunil et Isabelle au Chalet Les Cerises
Qu’est-ce qu’un Kirtan dans l’approche de Sunil et Isabelle ?
Dans l’univers qu’ils proposent, le Kirtan est une pratique de chant partagé associant notamment mantras, voix et instruments et s’inscrivant dans la tradition du Bhakti Yoga transmise par Sunil.
Dans quelle langue les mantras sont-ils chantés ?
Sunil transmet notamment des chants de mantras en sanskrit.
Isabelle chante-t-elle également pendant le Kirtan ?
Oui. Isabelle accompagne Sunil au chant et participe pleinement à la pratique commune.
Quels instruments utilisent-ils ?
Le reportage montre notamment l’utilisation de l’harmonium et de percussions. Les instruments peuvent varier selon le format proposé.
Faut-il savoir chanter pour participer ?
Non. L’expérience peut être proposée à des personnes sans pratique vocale particulière. Sunil et Isabelle présentent et accompagnent le déroulement du moment.
Peut-on organiser un Kirtan privé au chalet ?
Oui. Selon leurs disponibilités, Sunil et Isabelle peuvent proposer un Kirtan dans un cadre privé au Chalet Les Cerises.
Peuvent-ils intervenir pendant un stage organisé par un autre professeur ?
Oui. Un enseignant extérieur peut conserver entièrement la direction pédagogique de son stage et inviter ponctuellement Sunil et Isabelle pour un Kirtan.
Sunil peut-il également enseigner les chants de mantras séparément ?
Oui. Un temps spécifiquement consacré à l’apprentissage ou à la transmission des mantras peut être organisé indépendamment du Kirtan.
Isabelle et Sunil peuvent-ils aussi assurer les repas du stage ?
Oui. Selon l’organisation choisie, ils peuvent assurer la demi-pension de certains stages organisés au chalet.
Le Kirtan a-t-il un objectif thérapeutique ?
Le Kirtan proposé ici s’inscrit dans une pratique spirituelle, vocale et de bien-être. Il ne constitue pas un traitement médical ou psychologique et ne remplace pas une prise en charge de santé lorsqu’elle est nécessaire.

Ce qui reste entre deux voix
À la fin de la série, les instruments sont encore là. Sunil aussi. Isabelle aussi. Mais les photographies qui me restent le plus en mémoire ne montrent pas nécessairement les gestes les plus spectaculaires. Un regard de côté. Une bouche qui commence une phrase chantée. Une main posée sur l’instrument.
Isabelle qui écoute Sunil une fraction de seconde avant de le rejoindre. Puis les deux dans le même cadre. La photographie ne gardera jamais leurs voix. Ce n’est finalement pas très grave.
Ce reportage ne cherche pas à conserver le chant. Il cherche à conserver l’instant où deux voix cessent d’être simplement côte à côte et commencent à former quelque chose ensemble.
Reportage photographique : Laurent Nodenot
Photographies réalisées au Chalet & Spa Les Cerises, à Cordon face au Mont-Blanc.
Intervenants : Sunil & Isabelle, Espace Himalaya
Bhakti Yoga · Chants de mantras · Kirtan · Harmonium · Percussions


